LA PIECE

« Je te parle de ce lien qu'il y a entre nous. Tu ne le vois pas, tu ne peux le sentir, le toucher, ou l'entendre. Il n'apporte aucun goût dans ta bouche. Mais il est là, entre l'autre et toi, il vous éclaire et vous lie.

Et jusqu'à aujourd'hui, il nous appartenait encore »

L'histoire

LE PROCHAIN TRAIN parle de la mutation de nos liens à l’Ère du numérique. La pièce raconte ainsi l'improbable rencontre entre Karine et Vincent. Vincent est un toxicomane du travail. Rivé à son écran, ignorant de la vie qui coule autour de lui, il ne lèvera la tête que pour constater que sa femme est partie sans même qu'il ne s'en aperçoive. Poussé par son entourage à se ressaisir, à réagir, il choisira la seule solution logique à ses yeux : faire appel à une professionnelle du web afin qu'elle lui invente et administre sa vie.Karine est la meilleure dans son domaine. Elle gère la vie de ceux qui n'ont plus le temps de le faire. Donnez-lui vos identifiants et vos mots de passe, elle s'occupera du reste. Dès lors, tous deux se mettent en affaire: quoi de plus logique dans une société où chacun se débat pour maintenir son employabilité et sa rentabilité ? C'est sur cette base étrange que ces deux solitaires vont se découvrir et s'apprivoiser.

La musique

Le choix de Cédric le Guillerm s'est très rapidement imposé suite à la qualité de ses créations pour les spectacles de Vincent Clergironnet (Demain il Fera jour, Maintenant !, Madame K, Vivre). LE PROCHAIN TRAIN demandait une ambiance musicale aux antipodes du bruit numérique, une composition sincère, narratrice d'une histoire sans âge. C'est ainsi qu'un quatuor à cordes et un piano jouent des thèmes sobres aux accents classiques. Des percussions apportent rythme et urgence à l'ensemble. La musique accompagne le propos mais ne le sous-titre pas. Elle est comme un conteur qui lève le voile sur le salon de Vincent. Elle habite le lieu en accompagnant l'imaginaire du spectateur. Elle porte l'indice de l’universalité du propos. C'est un récit qu'elle a déjà raconté. Elle le dit de nouveau, comme on parle d'un vieil ami que les années n'ont pas changé.

« Avec la musique du Prochain Train, je vais parler du temps qui passe, du souvenir, de la vie en nous, de colères et de joies. Une musique simple et sincère qui sans pathos et sans souligner l’émotion - j’y veille - mais avec force et caractère, s’entend comme un souvenir commun, une mélodie que l’on avait oubliée.  »
Cedric le Guillerm.

 

Les personnages

Karine et Vincent se croisent dans un bourdonnement technologique incessant. La pièce a pour décor un monde où tout est devenu marchandise, de nos identités à nos rencontres. Qu'est donc devenue la poignée de main qui nous liait ? En sommes-nous toujours propriétaires ? Les personnages flottent dans un torrent d'information et de mouvement, étourdis d’être perpétuellement à contretemps. Au hasard de leurs regards, on perçoit parfois une hésitation, comme l'indice d'une possibilité : que se passe-t-il lorsque l'on tente de ralentir ? Que se passe-t-il lorsque l'on a l'instinct d’être dans l'instant ?
Si les rapports entre l'homme et la technologie sont au centre de la réflexion, la pièce ne pose pas le débat en terme d'ancienne ou de nouvelle génération. Elle n'oppose pas les vieux cons aux jeunes connectés. Elle ne maugrée pas que c’était mieux avant. Elle pose de simples questions : savons-nous où nous allons ? Qui a choisi cette direction ? A qui appartiennent ces rails où nous nous bousculons ?

La mise en scène

Nous signons avec LE PROCHAIN TRAIN notre sixième création théâtrale.
Dans la lignée d'HORS SEC où nous esquissions la folie ordinaire dans le milieu de l'entreprise, LE PROCHAIN TRAIN interroge notre soumission technologique, théâtre quotidien de fascinantes stimulations. L'appartement de Vincent est le lieu de cette surenchère. Tout est fait pour que les personnages ne puissent se rencontrer dans cette permanence d'information.
« Si la technologie est le thème de la pièce, le propos est avant tout une ode à la rencontre. C'est pourquoi j'ai choisi de construire un spectacle sans effet numérique. Ce qui m'intéresse est moins l’écran que celui qui le regarde. J'ai donc entrepris de créer un huis clos intime, tout en manœuvrant autour d'une évidente difficulté : comment faire ressentir l'enfermement quand le virtuel offre aux personnages la magie de l'ubiquité ? C'est le défi que j'ai soumis à la création lumière de Caroline Gicquel (Nominée aux Molières 2014 pour « Mangez-le si vous voulez »). Caroline à su peindre un univers tout en nuances, qui passe lentement du numérique au charnel. La pièce joue dès lors sur la progression de l'engagement physique, sortant les personnages petit à petit de leur torpeur. Chaque échange, chaque connivence se charge de sens jusqu'à l'instant où face à soi, incrédule de l'heure tardive et des souvenirs hésitants, on se risque vers l'autre. » Orah de Mortcie


LE PROCHAIN TRAIN est créé pour le Festival d'Avignon. Cela fait partie intégrante du projet de venir rencontrer le public et de lui présenter une comédie romantique aux accents doux-amers, une pièce qui ne refuse au spectateur ni le rire, ni la réflexion … Une mélancomédie en somme. C'est avec fierté que nous la presentons aujourd'hui dans la programmation exigeante de La Manufacture des Abbesses.

2013 par LES BANDITS DE GRAND-MOULIN.  Wix.com

Une pièce d'Orah de Mortcie sur une musique de Cédric Le Guillerm.

Le Prochain Train est subventionné par la SPEDIDAM, une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes-interprètes en matière d'enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées.

Avec le soutien du Fonds SACD Musique de Scène et de la Fondation Internet Nouvelle Génération.

Visuel par MrLucasisOnline & Agence Réciproque, sur une création originale d'Orah de Mortcie

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